Une révolution de l’éducation est en marche. C’est bien normal. À heures ou notre civilisation de l’usine laisse la place à une civilisation du savoir il est pour le moins logique que notre transmission du savoir évolue. Mais avec le mariage du numérique et de l’éducatif on assiste à bien plus qu’une évolution. Certes cela fait longtemps que l’on annonce ce mariage et l’on a vu la promotion des ordinateurs à l’école, la formation à distance, toutes choses fort utiles mais qui ne pourront jamais remplacer la présence et le rôle de l’enseignant. La vraie révolution éducative est celle de « l’enseignant assisté par ordinateur ». Le moyen c’est le tableau blanc interactif. Il remplace le tableau noir de nos souvenirs d’enfance. Il permet à l’enseignant d’appeler en projection sur son tableau des ressources éducatives soigneusement préparées, par lui-même et par d’autres, mélangeant des animations, des exercices, des vidéos, des schémas en trois dimensions et réagissent sous son stylo ou sous celui de ses élèves appelés au tableau comme on le ferait avec une souris d’ordinateur. Les élèves peuvent écrire, dessiner, manier des instruments, des règles ou des compas.
Cette révolution a commencé Angleterre il y a six ou sept ans. Résultat : avec 450 000 tableaux blancs interactifs toutes les classes ou presque sont équipés. Une puissante industrie de programmes éducatifs conçus spécialement s’est développée, bénéficiant d’un pouvoir d’achat par élève spécifiquement consacrée à ces programmes et attribué au chef d’établissement. D’autres pays suivent, plus lentement , à commencer par les États-Unis et bien d’autres comme par exemple le Mexique, certains pays d’Asie centrale… Et même le Kurdistan. Le sens du mouvement ne fait aucun doute. Il n’est qu’à visiter les grands salons mondiaux consacrés à l’éducation comme celui de Londres, celui de Doubaï ou encore celui de New Delhi. La part faite au tableau blanc interactif est dominante
Et la France, direz-vous ? Avec un peu plus de 2000 tableaux blancs interactifs dans l’éducation publique nous ignorons encore superbement cette révolution. Et pourtant, selon une enquête réalisée par l’ex ministre de l’éducation, Gilles de Robien, auprès des enseignants français testés le taux de satisfaction de ceux-ci — généralement connues pour leur esprit critique — frôlait les 96 %. À défaut d’équiper l’éducation nationale, le ministre convaincu équipa ses écoles à Amiens, ville dont il était le maire.
À la fin de l’an dernier, les hasards de la vie m’ont fait accepter à la demande du président du Sénégal, Abdulaye Wade, et du président Nicolas Sarkozy la présidence du fonds mondial de solidarité numérique. Le FSN est un organisme international né du sommet mondial de l’information et qui a vocation à financer des actions de solidarité numérique pour éviter la fracture numérique entre pays riches et pays pauvres. Je l’ai fait avec la volonté de réorienter ce fonds vers des actions concrètes. J’ai construit un premier programme, 1000 unités de télémédecine pour l’Afrique qui vise dès la rentrée prochaine à déployer des unités locales ou du personnel médical peut obtenir via une liaison satellite Internet une aide au diagnostic d’un médecin à l’autre bout de son pays ou l’autre bout du monde. J’ai aussi, pour revenir à notre sujet, échafauder un projet qui vise à faire bénéficier les pays les plus pauvres, ceux qui en ont le plus besoin, de cette même révolution éducative numérique. Le principe en est simple : si nous pouvons fournir à ces pays des TBI « low cost » pour l’ équipement de leurs écoles, le coût marginal d’un programme numérique éducatif étant nul (à la différence d’un manuel scolaire supplémentaire) nous leur permettons d’engager la révolution du numérique éducatif en même temps que les pays les plus riches. C’est le fameux «leap frog » qui permet aux pays les moins développés de sauter une étape technologique pour bénéficier des derniers progrès.
• Autres hasards de la vie, le président de la république française Nicolas Sarkozy lors de sa dernière visite à Londres a pris conjointement avec Gordon Brown l’engagement de mobiliser la France et la Grande-Bretagne en faveur de l’éducation en Afrique. L’objectif est pour le moins ambitieux. Connaissant , pour lui en avoir souvent parlé, mon intérêt pour la question et comprenant l’utilité d’incorporer à cette ambition les outils de la révolution numérique, le président de la république m’a confié la mission de mettre en oeuvre cet engagement.
La tâche est rude, mais exaltante. Je m’y suis engagé (bénévolement , donc librement,, ayant par ailleurs quelques activités professionnelles) avec passion. Et je propose à toutes celles et tous ceux qui voudront bien s’engager à nos côtés, de participer à ce beau projet « d’éducation numérique pour tous ».